Dimanche 20 mai 2007 7 20 /05 /Mai /2007 13:53
jarrivefcn.gif Mercredi matin, je suis partie très tôt pour Montréal où j'allais rejoindre Sophie pour l'amener à l'aéroport le soir. Elle repartait étudier en France, finalement. Je voulais profiter de ma journée pour aller aussi chez IKEA le matin.

L'automne dernier, Georges avait prêté une cafetière expresso à Sophie. Je l'avais récupérée et mise dans dans l'auto pour la lui ramener un jour. Ce matin-là, le chemin pour aller à Montréal passait près de chez lui...

A première vue, je n'avais pas du tout envie d'aller chez Georges. J'ai pris la route en me disant que j'irais en revenant le lendemain puisque je passais de toute façon à cinq minutes de chez lui en prenant l'autouroute 20. Une fois sur le pont qui traverse le St-Laurent, en direction de la 20, j'ai subitement décidé de me débarrasser de cette cafetière qui était encore une présence matérielle de Georges dans ma vie. Avec cette décision, une poussée d'angoisse est montée, sentiment pas très agréable.

J'ai quand même pris la sortie pour l'autoroute de la Beauce et, 5 minutes plus tard, j'étais chez lui. En arrivant dans son entrée, j'ai arrêté l'auto et suis sortie avec la cafetière. En passant alors devant son auto, j'ai ouvert spontanément la portière du passager, ai mis la cafetière sur le siège et suis repartie. Je n'avais même pas envie d'aller jusque sur le perron de la maison pour la déposer. L'amertume face à lui était encore bien présente...

De retour sur l'autoroute, j'ai décidé de lâcher l'angoisse et de voir ma journée comme en étant une belle qui s'annonçait, malgré la pluie qui commençait à tomber. Le dernier vestige appartenant à Georges était enfin remis à son propriétaire et je n'ai maintenant plus rien à Georges chez moi, sinon les cadeaux qu'il m'a faits, rangés dans un tiroir que je n'ouvre que rarement.

Je me suis réjouie alors d'avoir le temps d'aller chez IKEA le matin, où je voulais aller magasiner depuis longtemps, avant d'aller chercher Sophie. IKEA, c'est le magasin de ma jeunesse étudiante à Genève qui est venu s'installer près de Montréal peu de temps après que j'y aie immigré. Malheureusement, à Québec, il n'y en a pas.

Je me suis donc arrêtée chez IKEA à Boucherville où j'ai fouiné pendant une bonne heure. Je m'étais fixé un budget de 100$. Arrivée à la caisse, avec un panier somme toute assez bien rempli, et sans que je n'aie rien calculé, la facture s'est montée à... 99,28$ ! J'étais fière de moi !!! J'ai, en effet, la fâcheuse tendance à être dépensière (mais je me soigne !).

Au début de l'après-midi, je me suis rendue chez Sophie qui terminait ses bagages. Nous avons fourgué ma petite auto à plein et sommes allées à la Brûlerie St-Denis, un souvenir de ma vie à Montréal où je retourne quand je suis en ville, histoire d'aller acheter des muffins au pavot-citron. Ce sont mes préférés que je ne trouve à Québec que si je vais à Place Ste-Foy, où ils ont une succursale qui est assez loin de chez moi. Quand j'étais à Montréal, j'habitais à deux pas de la Brûlerie et c'était souvent mon déjeuner.

Nous avons commandé un café et avons papoté. Un malaise était présent que je trouvais désagréable. J'ai fini par lui demander si elle avait quelque chose à me reprocher qui avait créé cette distance depuis qu'elle était à Montréal, en janvier dernier. J'avais, depuis, eu de la peine à avoir de ses nouvelles.

Elle m'a expliqué qu'elle s'était sentie impuissante lorsque Georges et moi nous sommes séparés. Que j'avais eu une attitude où elle s'était sentie parfois blessée par mes propos et qu'elle avait finalement décidé de me laisser à mes affaires car elle ne savait absolument pas comment m'aider.

Je lui ai dit que j'étais vraiment désolée si je l'avais blessée, que je ne m'en étais pas rendue du compte du tout car j'essayais toujours de faire attention. Cependant, à travers les émotions que je vivais avec Georges alors, il se pouvait que j'aie été plus raide avec elle parce que j'avais l'impression parfois qu'elle ne s'aidait pas, malgré les nombreuses discussions que nous avions eues ensemble et où je lui avais partagé des outils pour avancer et se sortir de ses galères.

Je lui ai demandé pourquoi elle ne m'avait pas nommé les choses qui l'avaient blessée afin que je sache qu'elle avait mal reçu mes propos et que nous ne restions pas dans ce malaise. Nous avions pourtant parlé souvent, quand elle était à Québec, du fait de se nommer quand on se sent dérangé par quelque chose que l'autre nous dit ou fait. Elle m'a répondu qu'elle n'en a pas encore l'habitude, qu'elle ne sait peut-être pas encore vraiment que c'est possible de dire les choses qui nous dérangent en étant accueillie et non rembarrée.

Finalement, cette discussion nous a permises de mettre les choses au clair et de retrouver le contact que nous avions ensemble avant. Nous sommes ensuite allées souper au restaurant Crystal sur St-Laurent, dans le quartier chinois. Un autre de mes souvenirs de Montréal où je ne manque pas d'aller quand j'en ai l'occasion. Sophie aussi aime ce petit resto où on mange de bons bols de nouilles. Nous avons passé du bon temps avant d'aller à l'aéroport. Nous sommes parties à l'avance et, même si c'était après 18h, le trafic était vraiment pénible. Nous sommes arrivées juste à l'heure pour faire le chek-in.

Une fois les bagages enregistrés, nous sommes allées dans l'aire des restos et magasins. Nous avons fouiné à la librairie et j'ai alors vu Le Secret. Sophie n'en avait pas entendu parler. Je le lui ai acheté, en cadeau de départ du Québec pour sa nouvelle vie en Europe, pour qu'elle ait quelques nouveaux outils pour réaliser ses rêves... Elle a été touchée et nous nous sommes serrées très fort.

Une fois les adieux faits - rapides parce qu'on n'aime pas ça -, je suis allée chez Julien où je devais dormir avant de repartir le lendemain pour Québec. A mon arrivée chez lui à 20h30, sa mère, qui habite avec lui ainsi que sa soeur, m'a accueillie en me disant qu'il était allé aider un ami à déménager. Ah ben ! Sacré Julien... Toujours pareil. Il arrive en retard quand il vient chez moi ou n'est pas là quand j'arrive. Ça a toujours été ainsi, ce que je déteste.

Cette fois, j'ai eu envie de reprendre la route pour rentrer chez moi. J'ai toujours eu de la peine avec cette attitude de Julien que je considère nonchalante et dans laquelle je ne me sens pas respectée. Je suis pourtant restée et ai regardé la TV en l'attendant. Je n'avais pas le courage de faire encore 2h30 de route de nuit.

Quand il est rentré, nous avons papoté jusqu'à ce que sa soeur arrive. Elle m'a alors littéralement sauté dessus pour me parler des dernières trouvailles dans son cheminement, me montrant des livres, les commentant et voulant me faire lire ses prières qui ont été exaucées. J'étais contente pour elle mais je suis restée plutôt froide, me sentant envahie mais ne voulant pas la blesser en le lui disant car je la sens encore très susceptible. De plus, dans l'état dans lequel j'étais - entre la cafetière de Georges et Sophie, disons que la journée avait été remplie d'émotions ! - je sentais que j'aurais pu être blessante avec elle au lieu de me nommer calmement. J'ai donc préféré rester tranquille... Je l'ai cependant nommé à Julien ensuite qui sait qu'elle est ainsi et il m'a suggéré de lui nommer un moment donné, ce que je ferai sûrement la prochaine fois que je la verrai.

J'ai dormi au salon avec les deux chats à mes pieds. Debout à 6h30 jeudi matin, je suis partie à 7h en sauvage. Quelque chose me poussait à partir, sans savoir pourquoi. J'avais pourtant du temps, mon prochain rendez-vous étant à 14h chez le comptable. 

Une fois sur l'autoroute, je pensais à toutes sortes de choses quand j'ai eu envie d'appeler Lucie, ma psy-médium qui me rebalance les énergies, qui habite près de Trois-Rivières. Il était 8h10. Elle avait du temps à 9h. J'ai pressé un peu sur le champignon pour être dans les temps et suis arrivée à 9h05.

- Que veux-tu faire ce matin ? m'a demandé Lucie.
- J'aimerais que tu me replaces les énergies parce que, depuis la dernière fois que je suis venue te voir, je ne me sens pas bien. Je feele déprime, je tourne en rond et n'ai pas retrouvé ma belle énergie que j'avais quand je suis venue te voir alors. De plus, je sais que je me ronge toute seule avec ce qui s'est passé avec Georges et j'en ai marre de ressentir ça car ça me bouffe de l'énergie.

Lucie a travaillé sur mes chakras et a enlevé des noeuds d'énergie. Je me suis enfin sentie mieux après.

- J'ai vu une image très claire, a commenté ensuite Lucie avec un sourire un peu coquin, où je te vois avec du monde, un endroit où il y a plein de gens. Une dame dans la cinquantaine te prend à part pour te présenter à quelqu'un. Quand tu le vois, tu sens une belle reconnaissance d'âmes, une douceur. Vous vous saluez en vous tendant la main mais, lui, il te prend la main et met son autre main par-dessus vos mains tout en te regardant comme pour te dire qu'il te reconnaît. L'image suivante que j'ai eue, c'est que tu es sur ton départ. Il te raccompagne alors et met son bras sur ton épaule...

- Mouais... J'ai deux options où il y a du monde mais je ne sais pas que choisir : le Connecticut pour aller faire la formation de Byron Katie et le party d'ouverture de L'Auberge du Lac Carré dans les Laurentides où je voudrais aller retrouver mes vieilles connaissances sannyas du temps où j'étais à Montréal, au début des années 1990. Les deux événements sont en même temps.

- Je sens plus les Laurentides, a répondu Lucie, qui m'a alors répété l'attitude de cet homme face à moi, tellement elle avait l'air sûre de cette reconnaissance.

Je suis repartie, direction la maison, avec l'impression que je n'irai pas au Connecticut à la St-Jean mais à l'Auberge...

Depuis que je suis allée chez Lucie, je me sens enfin mieux, plus en paix et de bonne humeur. Plus positive et optimiste aussi et ça fait du bien ! Je me sens tellement plus en paix face à Georges aussi. Ça, c'est un réel cadeau pour moi. Lucie a réussi à déconnecter quelque chose qui était coincé en moi face à lui. J'en avais marre de me sentir encore dans cette amertume et cette colère. Maintenant, je me sens calme quand j'y pense. Je ne lui en veux plus et j'ai juste envie d'être en paix. J'arrive enfin à voir une image de nous deux en train de discuter calmement et agréablement de ce qui s'est passé pour finir par nous comprendre et, finalement, rester en bons termes.

À mon retour à Québec, mon comptable m'a annoncé un retour d'impôts de plus de 1400 $ ! WOW ! Un autre cadeau !

Finalement, après la discussion et les retrouvailles que j'ai eues avec Sophie, je me suis dit qu'il ne me reste plus qu'une chose à faire pour retrouver vraiment la paix dans ma vie : une discussion avec Georges pour délier les malentendus qui m'ont amenée dans des doutes et des sentiments négatifs et désagréables, comme j'ai fait avec Sophie. Mais ça, je ne sais pas quand ça aura lieu... L'important, c'est que je me sente maintenant en paix avec lui et que je n'aie plus de colère car ce sentiment me rongeait et m'épuisait et je le savais.

Par Alice - Publié dans : Au jour le jour...
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