Je ne lis pas souvent le Journal de Québec sauf des fois, en
prenant mon déjeuner dans un Tim ou un Dunkin. Ce matin-là, j'ai découvert cet article que je vous partage. Un gars qui parle des gars...
Richard Martineau
Le Journal de Montréal/Québec
24 mai 2007
Selon une étude de Statistique Canada dévoilée cette semaine, les hommes risquent davantage de sombrer dans la dépression après une rupture amoureuse que les
femmes.
Les femmes s'appauvrissent après une séparation, alors que les hommes dépriment.
Ça vous surprend? Pas moi.
Que voulez-vous, les gars sont bizarres. Le moteur de leur bazou fait un drôle de bruit? Ils courent tout de suite au garage. Le radiateur fait «tac-tac»? Vite, le plombier!
Mais quand c'est leur corps ou leur tête qui se porte mal, rien. Il faut les assommer et les attacher avec des chaînes pour les traîner à l'hôpital ou chez le psy.
Pourquoi? Parce qu'un homme, c'est fort, ça endure.
Et quand ça se perd dans le bois en se rendant au chalet du beau-frère, ça préfère tourner en rond pendant trois jours plutôt que de demander de l'aide...
Chacun dans son coin
Quand je me suis séparé, je ne savais pas trop quoi faire quand je me retrouvais seul avec mes enfants.
Je passais mes après-midi au parc.
Les filles s'emmerdaient car elles n'avaient pas d'amis, et je m'emmerdais car j'étais seul avec elles et que je les voyais s'emmerder.
Or, un jour, mon ami Mario, qui était lui aussi séparé, m'a téléphoné.
«As-tu les enfants aujourd'hui ?
- Oui.
- Eh bien, moi aussi. Pourquoi tu ne viens pas chez moi? On va parler pendant que les enfants vont jouer ensemble.»
C'est niaiseux, mais ce coup de fil a été une véritable révolution.
Plutôt que d'être seul chacun de son côté, on était une gang.
Vous me direz: «C'est tout ce que tu as à nous raconter? Pourquoi tu n'y as pas pensé plus tôt, le casque?»
Je n'y ai pas pensé plus tôt parce que les gars sont faits comme ça. On ne se téléphone pas, on ne s'entraide pas. On ne demande pas les directions pour aller au chalet du beau-frère.
On préfère sacrer au volant et tourner en rond pendant trois jours pendant que les enfants s'emmerdent sur le siège arrière.
La galère
Les filles, elles, c'est le contraire.
Je n'ai jamais vu une mère toute seule quand j'allais au parc avec mes filles. Elles étaient tout le temps en bande.
Pourquoi? Parce qu'elles s'appelaient le matin. «As-tu les enfants? O.K., on se voit au parc à dix heures. J'apporte des raisins, t'apportes des biscuits, Lucie va apporter des jus, Micheline apporte du fromage...»
Alors que les gars, eux, sont tu-seuls sur leur banc. Un paquet de gars tu-seuls, qui ne se regardent pas et qui broient du noir chacun dans son coin.
Comme dans les bars de danseuses. Le nez dans leur verre, le teint gris, l'air piteux.
Maudit qu'on est niaiseux...
On broie du noir en silence, on broie du noir en silence, et un jour, on explose.
On saute en bas du pont, ou on se pointe chez notre ex avec une carabine.
Tout ça parce qu'on a peur de prendre le téléphone et de dire: «Hey, Sylvain! Hey, Mario! Hey, Alain! Qu'est-ce que tu fais aujourd'hui? J'suis perdu dans le bois,
il fait noir comme chez l'diable, et j'ai besoin de tes lumières pour me sortir du trou...»
Pour recevoir une pensée
inspirante
chaque jour dans
votre boîte de courriels,
abonnez-vous à mon autre blog
---------------------------------------
Pour
avoir ces cartes en format carton,
pour les tirer au gré de vos envies,
téléchargez le document
qui les contient toutes !
--------------------------------------------
-------------------------------------------
22 visiteur(s) chemine(nt)
en ce moment sur ce blog
-------------------------------------------