Mercredi 5 septembre 2007 3 05 /09 /Sep /2007 19:45

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Bonjour,

Je viens de découvrir votre site et je trouve cela intéressant. Je veux seulement partager avec vous les derniers mois que nous avons vécus. Ce fut une période difficile mais aussi ou je suis ressortie plus forte. Ma fille, qui a vécu la problématique, a aussi fait un cheminement incroyable. Voici notre histoire.

L'automne passé, ma plus jeune a eu une période de changement assez chargée. Le début du secondaire, l'entrée aux cadets ainsi que mon retour sur le marché au travail, mais cette fois à l'extérieur. (Avant je travaillais à la maison). 

C'est quelqu'un qui excelle dans tout. Les études, les cadets, les loisirs, elle performe dans tout et veut toujours être la meilleure.

Vers le mois de janvier, elle a expérimenté l'anorexie. (Je ne sais pas comment l'exprimer, désolée). Cela a duré environ 3 mois. En plus de l'anorexie, il y a eu aussi des périodes de boulimie et a suivi la mutilation (qui s'est poursuivie jusqu'en avril ou en juin, je ne sais plus). J'ai commencé à avoir des doutes vers le mois de mars. J'en ai parlé aux autres membres de ma famille et nous avons gardé un oeil sur elle afin de vérifier si mes doutes étaient fondés. 

Au mois de mai, j'ai eu confirmation de mes doutes par une de ses copines qui a eu la sagesse de m'avertir. Elle m'a même dit qu'elle avait des pensées suicidaires. J'étais en état de choc. Pendant 2 jours, je n'ai fait que pleurer. Tout de suite après le téléphone de son amie, j'ai appelé le Centre de prévention du suicide* ainsi que le lendemain, la maison l'Éclaircie*. Ils m'ont donné des outils, des façons de faire mais, surtout, ils m'ont écoutée. 


Ça a pris plusieurs tentatives avant que ma fille veuille bien communiquer avec moi. Je n'ai pas lâché. Je lui ai parlé, je l'ai écoutée et j'ai vu ce qu'elle s'était fait. Quand elle m'a montré ses bras, j'ai caressé ses blessures... sans avoir besoin de parler et je crois que le courant s'est mis à passer. Nous avions toutes les deux les larmes aux yeux.

J'ai aussi fait un pacte avec elle. Elle voulait absolument faire un camp d'été. C'était vraiment important pour elle. Alors elle m'a promis de ne plus se mutiler et de recommencer à son rythme à bien s'alimenter. Elle m'a aussi promis de me parler, si elle ne s'en sentait pas capable. Et elle a tenu promesse. Je vérifie assez régulièrement son état et elle accepte assez bien ma méthode. 

Maintenant, si nous parlons de son ancienne (!) problématique, je la sens à l'aise avec moi et elle n'est pas gênée de me parler. Je ne sais pas encore le pourquoi de tout cela mais je crois qu'elle sent bien que je ne la juge pas et qu'elle peut se confier si elle traverse une phase difficile. 

Fin juin, j'ai quitté mon emploi pour recommencer à faire le travail que je faisais avant (qui se fait de la maison). Je sens qu'elle est contente que je sois revenue à la maison à temps plein. Nous n'avons pas encore eu recours à un psychologue ou encore à un travailleur social. Nous songeons plutôt à une approche en thérapie énergétique ou à l'hypnose. 


Bref, tout va pour le mieux, elle a retrouvé sa joie de vivre et fonctionne beaucoup mieux. Elle a même pris un peu de poids.

Tout cela pour vous dire que, si on met les efforts, que l'on se met à l'écoute de l'autre, on peut faire de petits miracles. Je sais que le travail n'est pas encore terminé mais, jusqu'à maintenant, ça va bien.

Il serait bon aussi de souligner peut-être un passage important. Dans ma période de doute, je retrouvais assez régulièrement des poèmes ou des écrits traitant de suicide, de mort, de pensées noires, ainsi que des poèmes qui parlaient ouvertement de l'anorexie et de la boulimie (dans les affaires de ma fille). Par la suite, nous trouvions dans ses étuis à crayons, des X-acto, des couteaux, des ciseaux. Si les parents ''trouvent'' des mots comme ça, il est très important de faire suite. Il faut aussi noter un changement radical du comportement du jeune. Les portes désormais fermées, la salle de bain barrée après les repas, l'air taciturne, ils ont toujours froid, des manches longues, etc....

 

Je crois qu'il faut aussi, dans cette situation, soutenir les parents là-dedans. C'est fou comme ils en ont besoin !!!


Cette histoire peut rassurer d'autres parents qui vivent la même chose que nous et de croire en eux. Nos enfants sont beaucoup plus forts que l'on ne le pense.

Merci de m'avoir lue,

Denise


*Liens utiles :

- au Québec :
1-866-277-3553 ou 514-723-4000       

- Prévention du suicide au Québec et ailleurs

- Centre de prévention du suicide, Belgique

- Suicide Écoute, France :
01 45 39 40 00

- Centres de prévention du suicide dans le monde


- Maison L'Éclaircie,
organisme communautaire venant en aide aux personnes vivant un trouble des conduites alimentaires (anorexie, boulimie) ainsi qu'à leurs proches,  ville de Québec.



Par Alice - Publié dans : Psychologie et thérapies
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