Quand l’objet existe sans qu’on le voie

Quand l'objet existe sans qu'on le voie 1

Quand l'objet existe sans qu'on le voie 2

Parmi les stades d’évolution de l’enfant, et donc du futur adulte, il y a le stade de « l’impermanence de l’objet ».

Vers nos 6 ans environ, nous réalisons pour de bon que l’objet (qu’il s’agisse d’un objet au sens propre ou d’un objet au sens figuré, voir même au sens affectif tel l’objet d’affection ou l’objet d’amour…) continue d’exister quand nous ne le voyons pas.

Les choses, les gens, existent donc même quand je ne les vois pas. Ils existent à la fois en moi dans la manière où ils ont laissé une empreinte mais ils existent également indépendamment de moi, voire même différemment de l’expérience que j’ai fait d’eux.

C’est à ce moment précis que nous ouvrons la coloration libre et épanouie de notre avenir ; comprendre que je ne suis que le sujet d’une relation avec un objet ou un autre sujet, et que cette relation n’enferme ni l’un ni l’autre dans l’expérience qu’ils font réciproquement car l’un comme l’autre existent en dehors de cette relation et dans une palette de colorations infinies.

C’est clairement à cette période que nous posons les bases de notre liberté dans l’expérience et dans la relation. Cette liberté est à l’image de l’expérience avec l’objet : je suis libre en moi au delà des empreintes de ma vie et à la fois tout objet ou tout autre sujet est libre d’être autre et autrement au delà de mon regard et de ma présence, puisque au-delà de mon regard et de ma présence, l’objet continue d’exister, de vivre, et d’être. C’est le début de l’âge adulte et le début de la bienveillance. L’adulte est donc appelé à la bienveillance.

Lorsque cette étape dans l’évolution de l’enfant est ratée, par exemple lors ce que des parents choisissent quelle relation doit fréquenter l’enfant et de quelle manière il doit se comporter dans les relations sans lui laisser la créativité et la liberté de tisser par lui-même sa liberté sociale et son expérience du monde et de l’autre, lorsque cette étape est perdue, apparaissent des êtres humains incapables de tolérer le fait que l’autre ou que le monde soient différents de l’expérience que eux ils en ont faite, et ceci donne naissance a de grandes souffrances et a de grandes blessures.

Dans la méditation, lorsque nous nous asseyons dans cet état d’esprit pacificateur et bienveillant, très concrètement nous devenons l’instrument invisible qui permet au monde et à l’autre d’être ce qu’il est, d’être ce qu’il peut, et surtout d’être différent de ce que j’en attends et de l’expérience que j’ai faite de lui.

Dans l’absorption méditative, nous ré apprenons le bonheur indicible d’être cette présence qui permet à toutes les choses d’être ce qu’elles sont, ce qu’elles peuvent, et surtout d’être, et d’être pleinement complètement et librement au-delà de notre regard saisissant et au-delà de notre présence questionnante.

Le méditant aide le monde à mûrir, libre et, par cette assise, il libère toutes les choses…

Federico Isshaq Dainin Sensei
Dojo Zen « La Montagne Sans Sommet »